Lutte contre les gaz et pétroles de schistes

mercredi 11 février 2015
par  Bernard

Le piège du consensus politicien.

Samedi 16 mars 2013, à Nantua, 2 500 personnes ont manifesté pour dénoncer les projets de la Celtique Petroleum qui ambitionne d’exploiter les ressources gazières et pétrolières dans l’Ain et le Jura sous couvert d’une demande de renouvellement du permis de recherche dit « Des Moussières ».

C’est une réussite indéniable et il est vrai que ces derniers mois se sont multipliés les réunions et débats dans les villages et villes concernés à l’initiative des différentes associations d’opposant-es qui se sont constituées depuis deux ans.
La meilleure preuve de ce rejet massif des forages est que l’ensemble des élu-es du département rivalisent et se tirent la bourre pour dire qu’ils constituent l’avant-garde de la lutte, au nom de la protection des populations et de la nature. En sera-t-il toujours ainsi ? Rien n’est moins sûr.

Est-ce un hasard si le préfet actuel de l’Ain se montre bien plus réservé sur ce sujet et même franchement favorable à la recherche et à l’exploitation des gisements pour peu que les techniques évoluent ?

Les interventions de scientifiques, d’ingénieurs et d’industriels se multiplient dans la presse spécialisée pour nous expliquer qu’à l’avenir la « fracturation » sera abandonnée au profit par exemple de techniques dites de « massages ».
Par ailleurs se prépare dans les coulisses de l’Assemblée Nationale une profonde réforme du droit minier jugé obsolète. Et les bruits qui nous parviennent donnent à réfléchir. L’État est propriétaire des sous-sols, donc de ce qu’ils contiennent comme richesses minières. Mais cela pourrait bien changer d’une manière ou d’une autre pour permettre aux collectivités et aux propriétaires terriens d’être intéressés à l’exploitation.

Ce qui changerait considérablement la donne et aiguiserait les appétits. Bien entendu des fractures dans la population apparaîtraient très vite entre possédant-es et habitant-es locataires par exemple. Et les élu-es ne manqueraient pour dire que la rente pétrolière permettrait à leur collectivité de faire tel ou tel investissement. Finie la belle unanimité. Pour l’instant ce n’est qu’une hypothèse mais elle est plausible et pourrait bien être la réalité de demain.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est extrêmement important de rappeler que nous sommes phagocytéEs par l’organisation capitaliste de l’économie qui ne connaît que les taux de profit et un État dont la fonction est de produire des lois et des réglementations privilégiant les intérêts particuliers des grandes fortunes. Les populations et l’environnement, nous en sommes sûrEs, ils n’en n’ont rien à faire.

C’est pourquoi nous pensons que dès aujourd’hui il faut intégrer cette dimension anticapitaliste et antiétatique dans la critique et le rejet des forages pétroliers. C’est le meilleur moyen de préparer l’avenir de cette lutte.


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