L’Éclat numéro 13

Octobre 2015
vendredi 9 octobre 2015
par  Gia

Les valeurs de la République ? Ce ne sont pas les nôtres !

Un dogme intangible.

L’invocation incantatoire des valeurs de la République est devenue le passage obligé du discours politique. Les politicards de tout poil usent et abusent de ce procédé d’auto-légitimation, usé jusqu ’à la corde. Hollande, Valls, Sarkozy, Marine le Pen, Mélenchon et même l’ignoble Soral ne se lassent pas d’entonner la même ritournelle nauséifiante. Quand on a brandi les valeurs républicaines, on a tout dit et ceux qui récusent ce dogme sont coupables du pire des crimes. L’inquisition républicaine ne tolère aucune hérésie.

Pour asseoir l’autorité de la République, le gouvernement a instauré, dès la rentrée 2015, un dressage des consciences sous l’appellation « enseignement moral et civique ». Derrière le masque hypocrite d’un enseignement qui prétend favoriser le débat et l’exercice de l’esprit critique se cache un véritable catéchisme. On n’a le droit de débattre, de s’exprimer que si l’on ne remet pas en question ces valeurs sacrées.

Le règne de la confusion.

La difficulté commence dès que l’on cherche à définir ces fameuses valeurs. Liberté, Égalité, Fraternité ? Le traitement réservé aux migrants montre à quel point la République est attachée à la liberté de circulation. Le flicage généralisé, la vidéo-surveillance, la nouvelle loi sur le renseignement dévoilent la vacuité du concept de liberté républicaine. Quant à l’égalité, elle est conçue de façon purement formelle : il ne s’agit en aucun cas d’égalité sociale ou économique. Elle est illusoire dans une société divisée en classes. Laissons tomber la fraternité : les migrants, encore eux, en vérifient l’existence quotidiennement.

Les discours sur les valeurs agitent des concepts creux qui parviennent mal à masquer la réalité. Leur fonction se dévoile avec la confusion qui règne dans l’emploi de ces notions. Le champion de cette confusionnite est sans conteste le sinistre Valls qui est capable d’employer dans la même phrase République, Démocratie, Nation comme des synonymes.

L’unité nationale au service du patronat.

Synonymes, en effet, ils le sont pour les gouvernants et pour ceux qui aimeraient accéder au pouvoir. La démocratie est réduite à la République, laquelle s’identifie à la Nation. Au bout du compte, il s’agit de poser ces valeurs comme des valeurs patriotiques dans lesquelles communieraient tous les membres de la communauté nationale par delà les clivages entre les classes. Cette négation de la lutte des classes bénéficie toujours à la classe qui détient le pouvoir. Plus elle nie son existence en tant que classe (et l’existence des classes en général), plus elle assoit sa domination.

La vraie démocratie.

La démocratie telle que nous la définissons ne peut être que directe, sans délégation de pouvoir. Elle est incompatible avec l’existence de l’État et de la République. Elle se construit dans nos luttes et ne pourra se réaliser que dans une société auto-organisée dans laquelle les classes sociales auront été abolies. C’est alors seulement que liberté, égalité et fraternité ne seront plus des concepts creux, mais des situations concrètement vécues.


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L'Eclat numéro 13
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